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Retraites : propositions de l’Union Syndicale Solidaires

jeudi 2 janvier 2003, par SOLIDAIRES .


Il n’y a aucune fatalité en matière d’avenir des retraites. Il est possible de maintenir le niveau actuel des retraites par une redistribution de la richesse produite qui soit plus favorable aux salariés. C’est ce qu’il faut imposer au patronat et au gouvernement par nos mobilisations.

La retraite par répartition a fait ses preuves. Elle a permis une augmentation considérable du niveau moyen des pensions.

Garantir la répartition

Il faut d’abord garder un système de retraite fondé sur la solidarité entre les générations et développer les possibilités démocratiques contenues dans la répartition. Ce n’est ni aux marchés financiers ni aux technocrates de décider de l’avenir des retraites, c’est à la société tout entière. Dans le système par répartition, les choix relèvent d’une décision politique et peuvent être pris de façon démocratique. Avec la capitalisation, ce sont les spéculateurs qui décident du niveau des pensions.

Maintenir le même niveau de vie entre actifs et retraités

Il faut ensuite maintenir la parité moyenne de niveau de vie entre actifs et retraités, résultat de décennies de développement du régime par répartition. Cette parité est remise en cause par l’effet des mesures Balladur de 1993 et les accords Arrco / A g i rc de 1996. Ces dispositions entraînent une baisse importante du montant des retraites par rapport aux salaires. Déjà, les retraites du secteur privé devraient baisser de plus de 20% à l’horizon 2040. Pour éviter un tel décrochage, il faut revenir sur ces mesures. Ce devrait être une des priorités d’une politique visant à préserver le système de retraite par répartition. Ce serait là une vraie réforme !

En finir avec la pauvreté

Il faut enfin en finir avec ce qui reste de pauvreté parmi les retraités et prendre en compte les effets de la montée de la précarité, avec la multiplication des carrières éclatées et écourtées, en particulier chez les femmes. Des mesures de revalorisation particulières sont donc nécessaires. Aucune retraite actuelle ou future ne doit être inférieure au SMIC. L’accroissement de la richesse nationale peut permettre de financer ces objectifs. Avec une croissance très modérée de 1,7 % par an (la croissance entre 1973 et 1996 a été de 2,1 % par an), le PIB (la richesse nationale produite) aura doublé en 2040 alors que la charge des inactifs (jeunes et personnes âgées) n’aura été multipliée que par 1,25.

Partager la richesse produite

Il n’y a donc pas de problème a priori. Le seul réel problème est politique, c’est celui du partage de cette richesse. Il faut en finir avec le tabou du blocage des cotisations patronales. Une participation plus importante des entreprises s’avérera inévitable. Il faut l’envisager d’autantplus tranquillement que la p a rt des salaires dans la valeurajoutée (la richesse produite par les entreprises) n’a fait que baisser depuis 20 ans. Elle était de 70% au début des années 80. Elle est passée à 60 % aujourd’hui. Cette baisse de la part des salaires dans la richesse produite s’est effectuée alors que, dans le même temps, la productivité du travail augmentait de plus de 50 %. On le voit des marges de manœuvres importantes existent.

Augmenter les cotisations patronales

Un rééquilibrage de la valeur ajoutée pour financer les retraites est donc tout à fait possible. Le problème politique qui est posé est celui de l’accaparement des gains de productivité par le patronat et les financiers. Un nouveau partage de gains de productivité entre profits et salaires au sens large (salaire direct, pension, temps de travail) doit être mis en œuvre. Ainsi, un transfert de 0,5 point de productivité par an suffirait à résoudre le problème de financement des retraites, même dans les hypothèses économiques les plus défavorables. Cela suppose simplement la volonté politique de l’imposer au patronat. On le voit, le fatalisme n’est pas de rigueur. La régression sociale peut être évitée, des solutions existent pour garantir l’avenir des retraites à condition d’être en capacité de construire les rapports de force nécessaire. C’est tout l’enjeu de l’année 2003. A nous d’être à la hauteur de la situation.

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