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Air Lib : sa fiche d’identité & son PDG (J2C)

samedi 11 janvier 2003, par SUD Aérien CORSAIR .


Compagnie française Air Lib, née à l’été 2001 après le dépôt de bilan d’AOM-Air Liberté, emploie 2.800 personnes, ou 3.200 en comptant ses filiales (maintenance principalement), selon les chiffres communiqués par la compagnie.

La flotte comprend 31 appareils (principalement des MD83 et DC10, ainsi que deux Airbus A340 et un Airbus A321), elle a transporté 3,3 millions de passagers pendant les douze mois terminés au 1er août 2002 sur ses lignes régulières, et 460.500 sur vols charters.

Air Lib c’est aussi 17 destinations en France métropolitaine, ainsi que trois destinations régulières dans les départements d’outre-mer (Martinique, Guadeloupe, Réunion). Elle a aussi des vols pour l’Algérie, Cuba et la Libye.

Elle a lancé fin mars 2002 la société Air Lib Express pour représenter la partie low-cost de ses activités.

Air Lib Express propose des tarifs à partir de 29 euros l’aller simple pour les villes de la province française et pour l’Italie. Air Lib Express dessert aussi les Antilles à partir de 99 euros depuis Orly, et assure des liaisons de province à province.

  Son PDG, Jean-Charles Corbet,
ancien pilote d’Air France et ancien syndicaliste du SNPL  

Présidée par Jean-Charles Corbet, un ancien pilote d’Air France, Air Lib a enregistré des pertes évaluées à 130 millions d’euros sur l’exercice 2001-02 (chiffres non officiels)
Agé de 50 ans, ce moustachu est réputé pour son franc-parler mais aussi pour ses réactions orageuses, et ses méthodes de management jugées parfois déconcertantes, écrit l’AFP.

En juillet 2001, lorsque son projet de reprise du groupe AOM-Air Liberté qui venait de déposer son bilan, est retenu par le tribunal de commerce de Créteil, M. Corbet bénéficie d’un a priori favorable. Sans parler du soutien du ministre des transports d’alors, Jean-Claude Gayssot.

En sa qualité de président du bureau du Syndicat National des Pilotes de Ligne (SNPL  ) d’Air France, M. Corbet s’est en effet illustré dans la lutte contre la double échelle des salaires que voulait imposer la compagnie nationale à ses pilotes pour payer moins cher les nouveaux embauchés.

En juin 1998, alors qu’une grève des pilotes d’Air France menace de perturber le trafic à l’approche de la Coupe du Monde de football, le SNPL   signe in extremis un accord avec Jean-Cyril Spinetta : les pilotes acceptent notamment d’échanger une partie de leur salaire contre des actions de leur compagnie. En contrepartie, Air France abandonne la double échelle des salaires.

Mi-2001, son projet de reprise d’AOM-Air Liberté (rebaptisée Air Lib en septembre 2001) suscite une forte adhésion au sein de l’entreprise.

Mais la lune de miel tourne court. Alors que la situation d’Air Lib s’aggrave après les attentats du 11 septembre 2001 et la crise générale du transport aérien, les syndicats dénoncent le goût du secret de M. Corbet autour de ses projets de restructuration.

Ce dernier s’en prend à la fois aux médias qu’il accuse de vouloir l’enterrer avant l’heure, et aux syndicats. Dans son message de voeux aux salariés, il regrette que « certains représentants syndicaux jouent les pyromanes en défendant leurs intérêts personnels ».

Au nouveau gouvernement, qui refuse de continuer de soutenir à bout de bras une compagnie privée, il fait du chantage aux emplois, menaçant de supprimer 1.300 emplois s’il n’obtient pas des droits de trafic vers l’Afrique.

De 1974 à 1978, il suit une formation à l’Ecole Nationale de l’Aviation Civile (ENAC) de Toulouse, avant de devenir pilote de brousse au Gabon (1978-80) et de rejoindre Air Gabon pour mettre en place la formation des pilotes de ligne (1980-82). Il rejoint Air France en 1982 où il sera successivement pilote de ligne, commandant de bord, instructeur contrôleur, et de nouveau commandant de bord, jusqu’en 2001.

Il rejoint parallèlement le SNPL  , dont il devient vice-président du bureau Air France en 1992 et président de 1997 à 2000. Il devient à l’été 2001 le président du conseil de surveillance d’Air Lib, et PDG en janvier 2002.

  Le repreneur :
Erik de Vlieger (PDG d’IMCA), magnat de l’immobilier

Candidat à la reprise d’Air Lib, le Néerlandais Erik de Vlieger est un entrepreneur atypique qui a fait fortune dans les machines à coudre avant de devenir un magnat de l’immobilier à Amsterdam.
« Il possède la moitié d’Amsterdam », plaisantent plusieurs promoteurs concurrents.

A 18 ans, dès la fin de ses études secondaires, il commence à travailler dans l’entreprise paternelle de négoce en machines à coudre, IMCA. Trois ans plus tard, en 1982, Erik, son frère et sa soeur prennent la suite de leur père à la tête de la société.

La chute du rideau de fer en 1989 va faire la fortune d’Erik de Vlieger. Il rachète pour une bouchée de pain des fabriques de machines à coudre dans les pays de l’Est avant de les revendre à prix d’or quelques années plus tard.

Les projets immobiliers ne suffisent cependant pas à satisfaire l’appétit d’Erik de Vlieger. IMCA, dont il possède 70% se diversifie dans l’édition de magazines musicaux, les vêtements pour enfants et les chantiers navals.

Les ambitions du « magnat de l’immobilier », comme le surnomment les médias néerlandais, se tournent alors vers le transport aérien. IMCA rachète une filiale régionale de KLM, KLM Excel.

La société IMCA compte aujourd’hui environ 80 filiales et dégage un chiffre d’affaires d’environ un milliard d’euros. « Je suis le plus gros promoteur immobilier d’Amsterdam, je serai bientôt le plus gros des Pays-Bas.

PROPRIÉTAIRE DE TROIS COMPAGNIES

Déjà copropriétaire de trois compagnies aériennes (Fly Metropolis, KLM Excel et Tulip Air), M. De Vlieger, 42 ans, envisageait son entrée dans Air Lib comme la première étape de la constitution d’un ensemble européen, capable de concurrencer des compagnies à bas prix comme Virgin Express, Ryanair et EasyJet. La reprise de KLM Excel ne me fait pas le plus gros transporteur aérien mais ce n’est pas la peine, dans ce domaine je veux juste être le plus beau », confiait-il en octobre dernier au magazine néerlandais Intermediair
Sa stratégie de conquête visait aussi à s’emparer des créneaux horaires de décollage et d’atterrissage détenus par Air Lib et convoités par les opérateurs à bas coûts. Sans s’engager à reprendre tout le personnel d’Air Lib, il avait toutefois indiqué au Monde, il y a quelques semaines, qu’il « livrait une bataille » pour les employés de la compagnie. Une manière de s’assurer un autre soutien, celui du personnel.
projet de construction d’un nouvel aéroport

IMCA projette de construire un nouvel aéroport

Parallèlement aux négociations menées en France, IMCA finance, avec d’autres investisseurs, le projet de construction d’un nouvel aéroport. Situé à Niederrhein, en territoire allemand, mais tout près de la ville de Nimègue, il est appelé, selon ses promoteurs, à devenir « le deuxième aéroport néerlandais » et à servir de « hub » à des compagnies à bas coût drainant une importante clientèle nord-européenne.

Début janvier 2003, un éventuel échec de M. De Vlieger sur le dossier Air Lib était qualifié de « non catastrophique » par un de ses proches. de toutes les activités d’IMCA, l’aviation est, à l’heure actuelle, celle qui réalise les résultats les plus mitigés.

Il y a un peu plus d’un an, le PDG avait indiqué à ses collaborateurs qu’il ne se lancerait plus dans de nouvelles activités, afin de ne pas se disperser et de ne pas faire courir de risques à son entreprise, également présente aux Etats-Unis. L’affaire Air Lib serait le premier revers important pour IMCA, un groupe spécialisé, à l’origine, dans la distribution de machines à coudre, et de son jeune patron, l’un des trois héritiers de la famille De Vlieger.

Erik de Vlieger semble aujourd’hui être une des clés du sauvetage de la compagnie française Air Lib. L’homme d’affaires n’a cependant pas indiqué combien il était prêt à investir dans la compagnie en détresse.

« Tout ce qu’il touche se transforme en or », estimait le quotidien néerlandais Het Parool. L’avenir dira si la maxime vaut également pour Air Lib.

Un noeud gordien à trancher pour le gouvernement

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