Pour la première fois en dix ans, l’économie française a perdu plus d’emplois l’an dernier qu’elle n’en a créé : l’emploi salarié a perdu 48.700 postes en 2003, soit un recul de 0,3%, selon les chiffres publiés jeudi par l’Unedic.
L’Unedic lie cette évolution à la "quasi-stagnation" du produit intérieur brut (+0,2%) et une croissance "nettement insuffisante pour générer des créations nettes d’emplois".
Au dernier trimestre de l’an dernier, les effectifs sont toutefois revenus à la hausse, avec une légère augmentation de 0,1%, soit un gain net de 15.300 postes. Ce "très léger rebond" de l’emploi au quatrième trimestre porte à 15.889.200 le nombre de salariés des secteurs concurrentiels au 31 décembre 2003.
Si l’Unedic souligne que pour la première fois l’économie française a perdu plus d’emplois qu’elle n’en a créé, elle note que "néanmoins, l’emploi a relativement bien résisté à la stagnation économique, confirmant ainsi que le contenu en emplois de la croissance s’est accru ces dernières années".
Le recul est le plus marqué dans l’industrie. Sur un an, elle a perdu 2,4% de ses effectifs, soit 92.600 salariés de moins. La baisse est de 0,6% au dernier trimestre, soit 20.800 postes de travail. En revanche, le secteur de la construction progresse au dernier trimestre (+0,1%), avec une hausse des effectifs de 0,9% sur l’année 2003, avec 10.800 créations nettes d’emplois.
Dans le tertiaire, l’amélioration s’est poursuivie au quatrième trimestre avec 35.300 postes supplémentaires (+0,3%). Mais l’Unedic note que l’intérim (+35.600 postes sur le trimestre) représente la totalité de la croissance de ce secteur. Sur un an, les effectifs ont augmenté de 0,3%, soit 33.100 salariés.
Enfin, sur un an, 12 régions présentent une baisse de leur emploi salarié, dont l’Ile-de-France (-1,4%), la Champagne-Ardenne (-1,1%) et la région Centre (-1,0%). Dix régions affichent en revanche une hausse d’emploi dont la Corse (+6,2%), Languedoc-Roussillon (+1,8%) et Midi-Pyrénées (+1,5%).