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OUTRE-MER : Le projet d’Air Caraïbes se heurte au scepticisme des élus

mardi 6 mai 2003.

Le projet d’Air Caraïbes d’assurer des lignes transatlantiques entre la métropole et les départements français d’Amérique nécessite le soutien des collectivités locales.

Air Caraïbes va-t-il succéder à Air Lib ? Depuis un mois, Jean-Paul Dubreuil, le président de la compagnie aérienne régionale, Air Caraïbes, tente de réunir des partenaires autour d’un projet de ligne transatlantique Antilles-Paris (« Les Echos » du 25 avril). Avec difficulté toutefois. Le projet d’Air Caraïbes suppose en effet non seulement le concours d’investisseurs privés nouveaux, mais surtout l’appui et la participation des trois collectivités régionales des départements français d’Amérique. Or, cette semaine encore, Lucette Michaux-Chevry, présidente du Conseil régional de Guadeloupe, a critiqué le projet d’Air Caraïbes en Guadeloupe. Antoine Karam et Alfred Marie-Jeanne, ses homologues pour la Guyane et la Martinique, ont aussi émis des réserves. Le président du Conseil régional de Martinique vient certes de donner « un accord de principe » pour la participation à la création d’Air Caraïbes dans sa version transatlantique, mais « à condition que ses homologues de Guyane et de Guadeloupe en fassent autant ».

Des obstacles

L’influent président du Groupement de tourisme de croisière des Antilles, Claude de Jaham, lui, a exprimé publiquement les inquiétudes des élus : « Que nous prépare la future liaison transatlantique ? Faire payer le déficit prévisible par les collectivités associées et organiser à terme un monopole » assorti de tarifs toujours élevés. Et Claude de Jaham de poursuivre sa critique du projet transatlantique d’Air Caraïbes en conseillant aux élus « de se souvenir de tout cela avant d’investir des fonds publics dans un transport dont on leur demandera forcément de boucher les trous abyssaux, sinon de supporter la responsabilité des licenciements futurs inévitables ».

Dans le projet Air Caraïbes, la participation de chaque collectivité serait de 8 millions d’euros. Si elle obtenait les autorisations, la compagnie rachèterait 3 Airbus du défunt Air Lib et pourrait embaucher 260 personnes. La compagnie affirme même pouvoir lancer son premier vol avant l’été, le 1er juillet 2003. En fait, on en est loin. Les collectivités antillaises et guyanaises ont déjà demandé à Air France et Corsair d’augmenter leur capacité pour les prochains mois. Le projet transat- lantique d’Air Caraïbes, qui bénéficierait de la « compréhension » d’Air France, pourrait rencontrer sur sa route d’autres obstacles, notamment de la part de la compagnie maritime CMA-CGM, qui monte actuellement un projet de ligne aérienne transatlantique en partenariat avec la compagnie Virgin.


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