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SRAS : le transport aérien, vecteur et victime de l’épidémie de pneumonie

mardi 22 avril 2003.

Le transport aérien, vecteur malgré lui du Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), qu’il a contribué à répandre dans le monde, est de plus en plus touché par l’épidémie de pneumonie atypique.

Des représentants de compagnies aériennes du monde entier et des responsables de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) se sont réunis d’urgence mercredi à Bangkok pour tenter de faire face à la crise due à cette épidémie qui touche particulièrement l’Asie.

Il s’agit de "mettre à jour et de comparer les données sur la crise actuelle du SRAS", selon l’Association internationale du transport aérien (IATA).

La question des "mesures de réduction des coûts destinées à permettre à l’industrie de survivre" devaient être abordées, a indiqué l’IATA, organisation qui regroupe 273 compagnies du monde entier représentant 98% du trafic aérien international.

Afin de permettre aux compagnies de surmonter la crise suscitée par l’épidémie, les autorités de l’aéroport de Hong Kong pourraient réduire les taxes d’aéroport à l’instar de Taiwan et Singapour, a annoncé mercredi à Singapour l’association professionnelle des transporteurs en Asie, l’AAPA (Association of Asia Pacific Airlines), regroupant 17 compagnies de l’Asie et du Pacifique.

Sept semaines après avoir lancé une alerte mondiale contre le SRAS, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a de son côté annoncé mercredi à Genève qu’elle déconseillait aux voyageurs de se rendre à Pékin, dans la province chinoise du Shanxi (nord) et à Toronto (Canada) en raison de cette épidémie.

L’OMS avait publié le 2 avril une première recommandation mettant en garde contre les voyages vers Hong Kong et la province méridionale chinoise de Guangdong, premiers foyers de l’épidémie.

Par ailleurs, de nombreux pays ont eux-mêmes mis directement en garde contre des voyages dans les zones à risques.

Les compagnies aériennes, notamment asiatiques, doivent ainsi faire face à une chute du nombre de voyageurs depuis le début de cette épidémie qui a causé la mort de 217 des 3.861 malades signalés à l’OMS par 27 pays.

"C’est l’axe principal des échanges commerciaux avec le reste de l’Asie qui est touché : Hong-Kong, la plate-forme d’échange avec tous les clients de la Chine, est directement touché", indique à Paris Patrice Gautry, responsable de la stratégie d’investissement à l’Union Bancaire Privée.

Cathay Pacific, basée à Hong Kong, territoire qui a enregistré 105 décès, a dû supprimer 40% de ses vols quotidiens.

Singapore Airlines (SIA) la compagnie la plus bénéficiaire de la région, a réduit de 20% la capacité de son réseau et a reporté des commandes d’Airbus et Boeing.

Japan Airlines (JAL), premier groupe aérien japonais, va suspendre ou réduire en juin les vols entre le Japon et la Chine.

L’australienne Qantas Airways va procéder à 1.400 licenciements et suppressions de postes d’ici juin prochain.

Voyager dans un avion ne constitue cependant pas un risque important d’être contaminé par le virus du SRAS, a insisté mardi à Singapour Richard Stirland, directeur général de l’AAPA.

"L’air dans les cabines des avions est probablement plus sûr que n’importe lequel ailleurs", a-t-il assuré, affirmant que cet air, "changé toutes les trois minutes", est constitué d’un mélange d’air extérieur et intérieur, "préalablement passé au travers de filtres très efficaces, ce qui donne un environnement aussi stérile que celui des salles d’opérations".

Conséquences pneumonie sur éco USA : le pire est devant nous (Challenger)

Le pire est peut-être seulement à venir en ce qui concerne les conséquences de l’épidémie de pneumonie atypique (SRAS, syndrome respiratoire aigu sévère) pour les entreprises américaines dépendantes de leurs échanges avec l’Asie, a estimé mercredi le cabinet-conseil Challenger, Gray and Christmas.

"L’impact économique du SRAS a été largement rapporté et le pire est peut-être devant nous", a souligné John Challenger, le PDG du cabinet-conseil dans un communiqué en énumérant toute une série de conséquences pour les entreprises américaines qui soit font du commerce avec les pays asiatiques frappés, soit sont liées au tourisme et l’industrie aéronautique, soit sont dépendantes, comme le secteur électronique, de pièces en provenance des pays à risques.

"Les sociétés qui font des affaires avec les pays affectés par le SRAS sont perdantes dans tous les cas", souligne Challenger, "soit elles décident de reporter leurs déplacements dans ces pays et pourraient ainsi rater des affaires qui pourraient contraindre certaines sociétés à licencier, soit elles décident d’envoyer quand même leurs représentants dans ces pays avec le risque de devoir les mettre en quarantaine à leur retour pendant au moins dix jours pendant lesquels ils ne travailleront pas".

Challenger rappelle qu’il suffit d’une simple poignée de main entre hommes d’affaires par exemple pour transmettre le virus.

Le cabinet-conseil donne l’exemple de la chaîne de distribution Wal-Mart qui a pressé ses responsables de renoncer à se rendre en Chine pour l’instant, avec pour conséquence des retards probables dans le projet d’ouverture de 150 grandes surfaces dans ce pays.

Par ailleurs, toujours selon Challenger citant une société de recherche électronique, la moitié des pièces nécessaires à l’industrie électronique et fabriquées en Asie sont transportées par des avions commerciaux de passagers, dont les vols ont été considérablement réduits en raison de l’épidémie et de son impact sur le tourisme et les voyages d’affaires.

Selon Challenger, citant les chiffres du département du Commerce américain, plus de 15.000 sociétés américaines commerçaient en 2001 avec la Chine, plus de 33.500 exportaient à Taïwan et Singapour.

Enfin dernière conséquence évoquée par le cabinet-conseil, un éventuel boycottage de produits fabriqués en Chine et en Asie du sud-est par les consommateurs américains qui pourrait surtout frapper le commerce des textiles et des jouets aux Etats-Unis.


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