Le secrétaire d’Etat aux Transports, Dominique Bussereau, qui est arrivé jeudi en Nouvelle-Calédonie pour une visite officielle de deux jours, s’est félicité des choix de la Nouvelle-Calédonie pour assurer sa desserte aérienne après le départ des avions d’Air France.
"La Nouvelle-Calédonie s’est lancée courageusement dans la bagarre parce que le monde aérien est un monde compliqué (...). A partir du moment où Air France avait cette volonté de ne plus avoir de base à Nouméa, la solution à trouver était celle-là", a-t-il déclaré à la presse locale.
Depuis le 1er avril dernier, la compagnie locale Air Calédonie International (ACI) a en effet pris le relais d’Air France sur le tronçon Nouméa-Tokyo de la ligne Nouméa-Paris.
ACI a pour ce faire acheté en régime de défiscalisation deux Airbus A 330 neufs. La compagnie nationale a conservé à Nouméa une délégation commerciale et commercialise en partage de codes la moitié des sièges.
"C’est une bonne solution et cela permet avec le partage de code avec Air France d’assurer une continuité en terme de fréquentation", a également indiqué M.Bussereau.
La semaine dernière, une réunion regroupant les ministères de l’Outre-mer, du Tourisme et des Transports s’était tenue à Paris sur l’amélioration de la desserte aérienne outre-mer.
"La constatation est que l’offre se fait aujourd’hui à partir de l’outre-mer. A la Réunion, la compagnie Air Bourbon va mettre en place des vols directs vers Paris, idem pour la compagnie régionale, Air austral, ou Air Tahiti Nui en Polynésie française (qui assure déja ces vols, ndlr)", a souligné le Secrétaire d’Etat aux Transports et à la Mer.
Il a à ce propos estimé que "cela était beaucoup mieux d’avoir des compagnies qui partent de nos territoires que d’avoir une compagnie qui s’organise à partir de Paris".
Dominique Bussereau a également rappelé que l’objectif du président Jacques Chirac, qui doit se rendre en Nouvelle-Calédonie en juillet prochain, "était d’améliorer les liaisons aériennes avec l’outre-mer et d’en diminuer ses coûts".
Le ministre des Transports Gilles de Robien a déclaré qu’il veillera à ce que la baisse des charges en faveur des compagnies aériennes desservant l’outre-mer se traduise par une "baisse des tarifs", jeudi à Saint-Denis, à l’issue d’un voyage de deux jours dans l’île.
M. de Robien a rappelé que le projet de loi programme pour l’outre-mer prévoit une baisse des charges sociales et des incitations fiscales pour les quatre compagnies aériennes (Air France, Corsair, Air Bourbon et Air Austral) de la Réunion.
"S’il y a ces mesures, ce n’est pas pour faire de la marge mais pour faire baisser le prix du billet d’avion et pour encourager la concurrence" a-t-il dit lors d’un point presse. Il a indiqué que ces mesures ont incité d’autres "groupes d’investisseurs" à initier des projets de desserte outre-mer lesquels pourraient bénéficier d’une partie des créneaux horaires laissés par Air Lib.
Le ministre a jugé essentielle la baisse des tarifs par les effets qu’elle produira sur le développement du tourisme, soulignant qu’un salarié sur 10 embauché aujourd’hui à la Réunion se situe dans ce secteur.