Depuis le début du conflit en Irak, de nombreuses compagnies ont annoncé des mesures de restructuration.
La compagnie britannique a décidé d’accélérer son plan de 13 000 réductions d’emplois, dont l’achèvement, prévu pour mars 2004, est désormais fixé à septembre 2003. British Airways va réduire ses capacités de 4 % pour les mois d’avril et de mai, et s’est surtout engagée à une réduction des coûts de 657 millions d’euros supplémentaires, qui s’ajoutent au plan de 949 millions d’euros d’économie lancé en février 2002.
La compagnie française a pris, elle aussi, des mesures d’adaptation : réduction de 7 % de ses capacités, suspension des embauches et révision à la baisse des dépenses courantes. Elle a reporté la livraison de sept avions moyen-courriers livrables à l’automne. En revanche, la compagnie en cours de privatisation a réaffirmé son engagement de procéder à un millier d’embauches d’anciens salariés d’Air Lib en 2003. Mais Air France, qui a prévu de réduire encore ses investissements de 250 millions d’euros, a aussi averti qu’elle n’était " plus certaine de tenir son objectif d’un résultat d’exploitation supérieur à celui de l’an dernier".
Il semble probable que la compagnie néerlandaise sera sensiblement exposée à une baisse d’activité sur l’Asie, bien qu’il soit encore trop tôt pour mesurer l’impact de la pneumonie atypique sur le trafic Europe-Asie. La part de marché de KLM dans cette zone avoisine 20 %, soit près du double des autres majors européennes.
La compagnie a annoncé des suppressions d’emplois. De sources syndicales, elles pourraient être de l’ordre de 2 000 à 3 000, dont une partie pourrait intervenir avant un an. KLM a réduit ses capacités de 20 % vers l’Amérique du Nord et le Moyen-Orient et de 5 % sur l’Europe depuis le 13 avril.
La compagnie allemande devrait être affectée par l’épidémie de pneumopathie, sa part de marché dans la zone Asie avoisinant aussi 20 %. Nettement bénéficiaire avec un résultat de 717 millions d’euros, Lufthansa a déjà prévenu qu’elle ne pourrait pas égaler cette année ses résultats de 2002. Elle prévoit de réduire ses coûts de 20 % pour faire face à la crise du secteur aérien et a décidé d’immobiliser sept nouveaux avions, portant à 58 le nombre d’appareils cloués au sol depuis janvier.
Après avoir diminué ses capacités de 4 % en mars, la compagnie espagnole a réduit son programme en avril de 5 % supplémentaires et a annoncé un possible report de trois Airbus dont la livraison est prévue pour juin.
Toujours en santé précaire, la compagnie italienne a prévu un durcissement du plan de rigueur en place depuis mars, avec la suppression de vols internes, européens et internationaux, pour compenser les effets du conflit en Irak sur le transport aérien.
François Bostnavaron
et selon radiocockpit.com
La compagnie pense que ses beaux jours sont derrière elle, qu’il faut faire encore et toujours plus d’économies, retirer 20 avions de la flotte, et bien entendu... réduire la masse salariale, comme le fait (ou essaye de le faire) la concurrence.
Northwest, 4ème compagnie, mondiale, a supprimé 4.900 emplois le mois dernier, et cherche maintenant à faire baisser les coûts associés aux salariés qui n’ont pas été licenciés. Sans y croire vraiment, elle met en place l’accord « purement marketing » (mais approuvé par le gouvernement US) qui l’unit désormais à Continental et Delta, deux autres compagnies qui souffrent...