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Les compagnies aériennes à bas coût pourraient sortir renforcées du conflit

mardi 25 mars 2003.

Les transporteurs aériens européens à bas coût (low cost) semblent moins exposés que les compagnies traditionnelles aux conséquences défavorables du conflit irakien, dont elles pourraient même sortir renforcées.

"Les low-cost, particulièrement Ryanair, seront les moins affectées par le conflit en raison de leur exposition au seul marché intra-européen, de leur puissance financière et de leur capacité à créer du trafic", estime un analyste du secteur sous couvert de l’anonymat. "Elles seront les principales gagnantes d’une crise du transport aérien international".

Ryanair, la compagnie irlandaise pionnière de ce nouveau modèle économique, et son homologue britannique easyJet, ne proposent aucune desserte long-courrier, alors que les compagnies traditionnelles réalisent entre 32% (Lufthansa) et 63% (KLM) de leurs ventes sur des destinations lointaines.

Au surplus, elles disposent d’une trésorerie confortable, qui leur donne l’avantage sur leurs grandes soeurs dans la perspective d’une érosion durable de la demande ou d’un renforcement de la guerre des prix.

"L’avantage (de Ryanair et easyJet) c’est qu’elles ont toutes les deux des réserves significatives de liquidités nettes parce qu’elles n’ont pas encore démarré leur programme d’acquisitions d’avions", remarque Nick van den Brul, analyste de BNP Paribas Equities.

"Si vous prenez Air France, Lufthansa, British Airways ou KLM, elles ont toutes des liquidités susbstantielles mais ce ne sont pas des liquidités nettes", fait-il remarquer.

Enfin, les compagnies à bas coût pourraient bénéficier de leur capacité à générer de la demande sur un marché finalement assez nouveau et même gagner des parts de marché sur leurs concurrents.

"Les ’majors’ ne pourront pas poursuivre leur réponse agressive sur le réseau intra-européen en raison de la dégradation de leur santé financière", remarque l’analyste qui n’a pas souhaité être identifié.

"Easyjet pourrait également voir se développer le nombre de passagers dits +premium+ (c’est à dire susceptibles de prendre des billets au tarifs les plus élevés, ndlr), ces derniers choisissant de quitter la classe affaire d’un transporteur major pour se diriger (...) vers un transporteur à bas coût présent sur les aéroports de premier rang", ajoute-t-il.

"Au lendemain du 11 septembre 2001, Ryanair et EasyJet ont d’ailleurs continué à enregistrer des progressions de passagers transportés supérieures à 30%", fait-il remarquer.

L’issue du conflit pourrait toutefois s’avérer inégal pour l’une et l’autre des compagnies. "Le risque associé à Ryanair nous semble limité en raison d’un suivi à la lettre du modèle low-cost", juge l’analyste.

"Le risque sur EasyJet apparaît un peu plus significatif (flotte hétérogène, présence sur les grands aéroports, situation financière en dégradation)".

Esayjet est également la seule compagnie aérienne européenne qui a volontairement décidé de renoncer à toute politique de couverture du risque pétrole, quand ses concurrentes sont couvertes entre 35-40% (Alitalia) et 85% (Ryanair).

Le conflit ne pourra cependant être sans impact sur les deux petites reines du transport aérien et devrait entraîner fatalement des baisses de trafic "dans la mesure où les gens restent tout simplement à la maison en période d’incertitude", conclut Nick van den Brul.


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