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La vérité sur...Boeing, une affaire d’Etat

mercredi 29 janvier 2003.

Le groupe en chiffres

58,2 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2001, dont 60% réalisés dans l’aviation commerciale, et 40% dans le secteur militaire, espace et divers 2,8 milliards de dollars de bénéfice net 68000 salariés répartis dans 43 Etats 381 livraisons en 2002, contre 303 pour Airbus.

La lettre n’est pas un modèle de diplomatie, et pour cause. Adressée le 10 octobre 2002 aux autorités militaires colombiennes, elle émane d’un général américain, James Hill. Le général est furax, et il le fait savoir. Le projet des Colombiens d’acheter des avions légers brésiliens pour combattre les trafiquants de drogue « risque d’influencer négativement l’approbation d’un financement additionnel » gouvernemental américain à destination de ce pays, écrit-il. Et il met les sous-titres : « Je recommande que l’armée de l’air colombienne dépense cet argent pour satisfaire des besoins plus pressants, comme la modernisation de sa flotte de C-130 », construits par Boeing.

La lettre est un modèle de diplomatie, et pour cause. Adressée en juillet au président taïwanais, elle émane d’un groupe de sénateurs américains : « C’est notre espoir qu’une décision en faveur de Boeing offre une nouvelle démonstration des implications importantes et bénéfiques d’une coopération économique renforcée entre Taïwan et les Etats-Unis. » Derrière la politesse exquise des augustes parlementaires, l’exigence est claire : China Airlines, contrôlée par le gouvernement taïwanais, ne peut pas se contenter d’acheter des Airbus.

Deux exemples récents, parmi beaucoup d’autres, qui montrent à quel point les relations entre l’avionneur, le gouvernement et le Congrès américains sont beaucoup plus incestueuses que Boeing ne voudrait le faire croire. Alors que les Etats-Unis agitent à nouveau la menace d’une plainte contre Airbus auprès de l’OMC, Boeing ne manque pas une occasion de dépeindre son concurrent comme une entité soutenue à bout de bras par les gouvernements européens, tandis que la firme, entreprise privée installée à Seattle et dont le siège est à Chicago, ne devrait compter que sur elle-même. La réalité est un peu différente...

Voir en ligne: Challenges.

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