Le Gouvernement a rétardé après le 29 mai plusieurs décisions pour ne pas mécontenter les électeurs en pleine campagne sur le traité Constitutionnel Européen. Et nous avons déjà vu Chirac mettre en oeuvre sa solidarité comme sa fracture sociale de 1995 : encore plus d’inégalités et moins d’impôts pour les riches et les patrons.
Il est ainsi :
Nicolas Sarkozy avait déjà annoncé qu’il fallait mettre en cause « le modèle social français » et il a précisé hier matin qu’il entendait s’attaquer au Code du travail. Le président UMP de la commission des Affaires économiques de l’Assemblée, Patrick Ollier, a annoncé que « la priorité de la politique économique, après le référendum, doit être de s’attaquer au Code du travail ».
Si le « oui » gagne, « les réformes continuent », comme l’a promis Jean-Pierre Raffarin à la sortie du Conseil des ministres...
À gauche, on a déjà payé cher les discours de renoncement, ceux qui proclamaient qu’on ne pouvait rien faire face aux licenciements boursiers de Michelin ou de LU. Alors que Giscard d’Estaing a concocté, avec le projet de constitution, un bail pour le libéralisme qui enfermerait les peuples durant des dizaines d’années, les salariés de notre pays ont déjà pu mesurer leur force, à l’aune des prudences de la Commission de Bruxelles, croissantes au fur et à mesure que le « non » prenait de l’ampleur. Plus il sera massif, plus il imposera les termes d’une renégociation qui profitera aux peuples du continent, aux travailleurs français comme au plombier polonais.
Face à un « oui » de soumission, le « non » s’affiche comme le choix de la raison, et du progrès social.