Généralités :
Les
problèmes d’hygiène, de sécurité et de conditions de travail ont souvent été
sous-estimés par les organisations syndicales alors qu’il s’agit d’un domaine
d’intervention central dans une entreprise. La tradition dominante du « syndicalisme
de la feuille de paie » ou de « service » a souvent conduit les
organisations syndicales, face à un travail dangereux, pénible, complexe ou
avec des horaires atypiques, à se battre pour une rémunération correspondante
ou des arrangements parfois individuels au détriment de l’amélioration concrète
des conditions de travail.
Dans
le cas des CHSCT, le Code du Travail prévoit pourtant de nombreuses obligations
pour les employeurs, obligations qui ne sont généralement respectées que sous
la contrainte.
Il
s’agit d’un domaine très important d’intervention, d’autant plus à une époque
où le Patronat souhaite sans cesse remettre en cause des acquis aussi important
que les visites médicales ou la reconnaissance des risques professionnels ou
les mesures de prévention.
Or,
l’évolution actuelle du monde du travail, l’émergence ou le développement de
nouveaux types d’activités (plateforme d’appels, grande distribution, ...) conduit
à un développement des accidents du travail (ou qui devraient être reconnus
comme tels) et des maladies professionnelles.
En
plus, des aspects légaux et du droit et de la compétence des CHSCT, nous verrons
aussi comment notre type de syndicalisme a fait et doit faire pour investir
et utiliser ce lieu afin d’améliorer les conditions de travail des salariés
et ne pas laisser le Patronat vider ce droit essentiel de son contenu.
La
constitution d’un CHSCT est obligatoire pour tout établissement d’au moins 50
salariés. Dans le cas d’un établissement de 10 à 49 salariés, ce sont les délégués
du personnel qui traitent des questions d’hygiène, de sécurité et de conditions
de travail sauf si, compte tenu de la nature des activités de l’entreprise,
l’inspection du travail impose la constitution d’un CHSCT.
L’entrave
à la constitution d’un CHSCT par l’employeur, à son fonctionnement où à la libre
désignation des membres le composant constitue un délit dit « d’entrave ».
Celui-ci est passible d’un emprisonnement de 1 an ou plus et/ou d’une amende
de 25 000 francs ou plus.
On
le voit aisément de par les sanctions encourues, dès la tenue des élections
et les résultats de celles-ci officiels, la direction ne peut pas se permettre
de ne pas créer un CHSCT d’établissement.
La composition du CHSCT :
- Le Président du CHSCT est l’employeur ou son représentant.
- Les représentants du personnel dont les membres sont désignés pour deux
ans par un collège constitué par les membres élus du CE ou d’Etablissement
et les délégués du personnel.
Ces
membres ont voix délibérative.
Le nombre de représentants du personnel est fonction du nombre
de salariés de l’entreprise :
- De 50 à 199 salariés : 3 (dont un cadre)
- De 200 à 499 salariés : 4 (dont un cadre)
- De 500 à 1499 salariés : 6 (dont deux cadres)
- Plus de 1500 salariés : 9 (dont trois cadres)
D’autres membres sont de droit représentants du CHSCT
mais avec une voix consultative :
- le médecin du travail
- le chef du service de sécurité et conditions de travail
- toute personne « qualifiée »
à laquelle le CHSCT peut faire appel : infirmière, assistante sociale,
responsable du service de formation, ergonome, etc....
- chaque organisation syndicale représentative dans l’entreprise
peut, en plus, désigner un représentant syndical au CHSCT dans les établissements
de plus de 300 salariés.
On comprend d’autant mieux l’importance
du CHSCT que, dans cette instance, les salariés sont plutôt mieux représentés
que dans les instances professionnelles habituelles. Qui plus est, au vue des
sujets traités ou qui peuvent être mis à l’ordre du jour par les salariés ou
les représentants du personnel, on voit l’importance pour une organisation syndicale
comme la nôtre de s’emparer des possibilités revendicatives des CHSCT.
Le
fonctionnement du CHSCT :
-
Réunions :
Il
est convoqué et se réunit au moins une fois par trimestre et obligatoirement
après un accident ayant ou qui aurait pu entraîner des conséquences graves (autrement
dit, même si l’accident a pu être évité).
De même, il se réunit obligatoirement à la demande
motivée de deux des membres parmi les représentants du personnel.
L’ordre du jour est établi par le président du
CHSCT et le secrétaire et communiqué au moins 15 jours avant la réunion. Le
président ne peut pas modifier l’ordre du jour de manière unilatéral sous peine
de « délit d’entrave ».
Le secrétaire est obligatoirement l’un des représentants
du personnel et est responsable du PV.
-
Votes :
Les
décisions du CHSCT sont adoptées à la majorité des membres présents. Dans certains
domaines, le président n’a pas le droit de vote : décision de recourir
à un expert, d’intenter une action en justice contre l’employeur, avis sur le
règlement intérieur, sur le rapport des risques professionnels et le programme
annuel de prévention des risques (voir plus bas).
Il est à
signaler l’importance de ces votes. En effet, si le CHSCT se prononce sur un
point d’hygiène ou de sécurité à la majorité et que la direction n’en tient
pas compte dans les faits et qu’un accident se produit, elle est passible du
tribunal, le vote du CHSCT prouvant qu’elle ne pouvait ignorer le risque.
-
Moyens :
Chaque
représentant du personnel dispose d’un crédit d’heures lié à son mandat :
2 heures par mois de 0 à 99 salariés, 5 heures de 100 à 299, 10 heures de 300
à 499, 15 heures de 500 à 1499, 20 heures au-dessus.
Le
CHSCT peut faire appel à un expert agréé, au frais de l’entreprise en cas de
constatation d’un risque grave (suite à un accident ou non comme cela s’est
souvent fait en matière d’amiante par exemple), de maladie professionnelle ou
de projet important modifiant les règle d’hygiène et de sécurité, ou encore
d’un projet d’introduction de nouvelles technologies, en complément d’une expertise
demandée par le CE.
Les
membres du CHSCT sont des salariés protégés comme ceux des CE.
Ils
bénéficient obligatoirement d’une formation nécessaire à l’exercice de leur
fonction. Ce module de formation est de cinq jours ouvrables et se fait sur
le compte et les frais de l’entreprise.
Le
code du travail ouvre donc un nombre de droits considérables aux salariés et
à ses membres au moins sur le papier. La réalité dans les entreprises est souvent
moins enchanteresse. En effet, le Patronat tente souvent de faire de cette instance
une coquille vide, ce que beaucoup d’Organisations Syndicales ne dénoncent pas
suffisamment.
Dans les
faits, il faut être conscient que ces droits sont essentiels mais que c’est
le rapport de force que des organisations comme la nôtre savent impulser qui
peut les faire respecter.
Missions
du CHSCT :
-
contribuer à la protection de la santé et à la
sécurité des salariés de l’établissement, des salariés temporaires ou encore
des salariés extérieurs.