Le 1er février 2005, l’une de nos collègues PNC faisait une chute mortelle d’un escabeau à Orly. La direction accusait alors l’agent de piste d’être le « seul responsable » de l’accident et après l’avoir lynché devant tous les médias réunis lors d’une conférence de presse, elle le licenciait précipitamment sans attendre les résultats des enquêtes.
A l’époque, SUD Aérien a été le seul syndicat à dénoncer cette « justice » expéditive, à défendre le salarié accusé sans preuve et, dès le lendemain de l’accident, à mettre en cause le non respect des procédures de piste (sous-effectif - absence de guidage arrière) par la direction de l’escale d’Orly.
Aujourd’hui, après plus de trois ans d’enquête, d’auditions et d’expertises, la vérité commence à poindre. Le juge d’instruction de Créteil vient de mettre en examen Air France sous des chefs d’inculpation aussi graves que nombreux :
On attendait donc d’Air France qu’elle assume ses propres responsabilités dans l’accident comme l’a fait l’agent de piste, mis en examen en août 2006 pour ne pas avoir vérifié la fermeture de la porte. Or, malgré tout, la direction continue, avec beaucoup d’arrogance, à soutenir que l’agent est le seul responsable de l’accident.
C’est un déni de justice inquiétant car si notre employeur, c’est à dire celui qui organise nos conditions de travail, ne reconnaît pas ses erreurs, il ne risque pas de les corriger et ce sont les salariés qui continueront à pâtir de ses manquements à la sécurité.
Aujourd’hui, Air France continue de soutenir dans la presse que « la sûreté et la sécurité sont les premiers devoirs que doit s’imposer une compagnie aérienne ». Alors que l’une de nos collègues est décédée dans l’exercice de son métier, alors que l’instruction conclut à une responsabilité de la société, les belles déclarations ne suffiront pas à calmer notre colère et notre indignation. Faudra-t-il attendre qu’Air France soit condamnée pour obtenir la garantie que les conditions dans lesquelles notre entreprise nous fait
Plainte de l’agent de piste contre X pour diffamation : en mars 2007, le Parquet de Bobigny avait procédé à la mise en examen de trois dirigeants d’Air France pour diffamation à l’encontre de l’agent : le PDG, JC SPINETTA et Messieurs BROUSSE, directeur de la Communication et MALKA. Cette décision a été confirmée à deux reprises par la Cour d’Appel de Paris.
Plainte aux Prud’hommes de l’agent de piste pour licenciement abusif : le Conseil avait suspendu son délibéré en attente de la décision du juge de Créteil. Là encore, la responsabilité d’AF étant maintenant engagée, la compagnie ne peut plus soutenir devant la justice qu’il est le seul responsable de l’accident.
Pour l’ensemble de ses procès, l’agent de piste a reçu le soutien de SUD Aérien qui a mis son avocat à sa disposition.
Plainte contre X pour mise en danger d’autrui déposée par SUD Aérien et deux syndicats de pilotes, ALTER et le SPAF. L’instruction du tribunal de Bobigny est toujours en cours mais la mise en examen d’AF pèsera sans doute sur la décision du juge.