Et le Medef n’est pas en reste, il veut s’attaquer à la durée du travail en commençant par allonger la durée maximum du travail. C’est l’amorce de la remise en cause des 35 H et de la RTT.
L’objectif est clair : détricoter, petit à petit, toutes les garanties que les salariés avaient réussi à faire inscrire dans le code du travail.
Le CPE, comme le CNE, c’est donner aux patrons un permis de licencier, sans aucun motif, pendant deux ans. Ces deux types de contrats mettent fin à l’obligation pour un employeur de motiver tout licenciement. Cette mesure discriminatoire envers les jeunes, qui n’aura aucun effet sur l’emploi, est un nouveau coup porté au Contrat à durée indéterminé (CDI) dont le gouvernement a annoncé par ailleurs la « réforme globale ».
Pour les moins de 26 ans maintenant et pour tous les salariés à l’été 2006 , la « période d’essai » de deux ans, pendant lesquelles le patron peut à tout moment de séparer du salarié, sans aucune contrainte, soumet le salarié à une situation de vulnérabilité complète vis-à-vis de son employeur. Qui prendra le risque de demander le respect de ses droits pour des congés, des heures supplémentaires, alors que d’un geste le patron pourra mettre le salarié à la porte ? Qui obtiendra un crédit, un logement ?
Plus de précarité pour les jeunes, et moins de stabilité pour les salariés âgés, telle est l’orientation du gouvernement. Ce projet de CDD senior videra, de fait, le CDD de son contenu. Il vise à retarder l’âge de départ à la retraite, notamment en allégeant les conditions du cumul emploi-retraite, alors même que toutes les études indiquent une détérioration importante des conditions de travail qui touchent en particulier les travailleurs âgés. C’était dans les projets du Gouvernement annoncés à la rentrée 2005.
La réforme des stages en entreprises annoncée est largement en trompe l’oeil. Une simple charte à caractère non contraignant sera proposée aux entreprises. Les entreprises seront certes obligées de rémunérer les stages de plus de trois mois, mais aucun montant minimum de rémunération n’est fixé.
En contradiction avec toute sa jurisprudence antérieure, elle vient d’autoriser les licenciements pour prévenir des difficultés économiques à venir sans être subordonnés à des difficultés économiques à la date du licenciement. Au lieu d’être le dernier recours pour les entreprises en difficulté, l’arrêt de la Cour de cassation va permettre des licenciements préventifs pour les entreprises faisant des profits. Les licenciements boursiers sont légalisés.
Le projet de « directive sur les services dans le marché intérieur » doit être débattu en première lecture au Parlement européen le mardi 14 février à Strasbourg. Ce texte est une incitation à la concurrence entre les Etats et les peuples. Il organise le dumping social, une moindre protection des consommateurs, une remise en cause de la culture, un abaissement des normes environnementales et de santé publique.
Le gouvernement profite de la mollesse des réactions syndicales après le CNE pour avancer à la hussarde et casser le droit à un emploi stable.
(rendez-vous à TOULOUSE à 11 H au bas des allées Jean Jaurès)