« je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère » Victor Hugo, « Discours sur la misère » à l’Assemblée Nationale, 9 juillet 1849
Avec le recul, évitons de suite toute polémique non constructive : oui, nous considérons que la violence destructrice de biens publics ou privés n’est pas - a priori - la bonne réponse quelle qu’en soit la cause ( désespoir, colère, etc ...) ; oui, la délinquance existe ... elle existe depuis toujours dans toutes les communautés humaines et dans tous les milieux sociaux (parfois jusqu’au sommet de l’Etat...) sous des formes évidemment différentes !
Une fois posées ces évidences, nous aident-elles à mieux comprendre ce qui vient de se passer dans nos banlieues ? Les âneries débitées dans certains média et par beaucoup d’hommes politiques nous sont-elles d’un plus grand secours ?
La réponse gouvernementale à la crise sociale est-elle pertinente ? NON, NON et NON !
Partout et de tous temps, la réponse des pouvoirs aux crises sociales par le seul levier de la répression s’est toujours traduite par : a) une totale inefficacité pour résoudre les vrais problèmes posés par ces crises ; b) une mise sous le boisseau des libertés individuelles et collectives en général chèrement acquises grâce aux combats menés par les générations précédentes !
Le problème posé par les récentes « émeutes urbaines » n’est pas un pur problème de « délinquance » ni de « communautarisme ethnique », mais de misère sociale !
L’idéologie ultra libérale et le capitalisme sauvage qui dominent toujours plus le monde est la cause d’un avenir de plus en plus incertain pour les jeunes générations, y compris au sein des pays les plus riches de la planète !
Dans le monde 200 millions de jeunes vivent dans la pauvreté, selon le dernier rapport de l’ONU sur la jeunesse. Le rapport de l’ONU précise que les politiques de la plupart des pays envers la jeunesse précaire ou dans la misère sociale sont motivées par des conceptions caricaturales, dont jeunesse = drogue = délinquance = violence !
Cette politique ne caractérise pas uniquement les seuls pays pauvres ou régimes autoritaires et autres dictateurs ... mais y compris la politique du gouvernement français !
Ainsi, la Seine Saint Denis ( 93 ), département dont M. Sarkozy voulait nettoyer au « Kärcher » certains quartiers, compte 1 400 000 habitants, or :
La précarisation et le glissement social vers la pauvreté ne touchent pas seulement les « quartiers difficiles », comme disent les média, mais y compris les enfants des classes populaires et moyennes, pour qui le fameux « ascenseur social » risque de rester en rade au rez de chaussé, 2 exemples parmi d’autres :
*- Le nouveau Contrat de Professionnalisation ( CP ), ultime « machin » gouvernemental pour les jeunes sans certification professionnelle, est un bide ! Le gouvernement avait annoncé 180 000 CP pour 2005, or seulement 34 443 CP ont été signés pour les 8 premiers mois 2005 ! De plus, il ne s’agit pas de formation réellement qualifiante !
La réponse du gouvernement et Medef : continuer une politique anti-sociale qui génère toujours plus de précarité et de pauvreté ! N’est-ce pas une réponse « violente » ?
Ne tombons pas dans le piège tendu par les politiciens démagogues, la seule solution à toute crise sociale passe inévitablement par plus de justice sociale !
Victor Hugo ne disait rien d’autre aux « élus de la nation », qui menaient la même politique avec les mêmes réponses que ceux d’aujourd’hui, ... en 1849 !