Lors du Comité Central d’Entreprise du 6 juillet, le président Spinetta a gratifié les élus d’une magistrale intervention à leur intention. Les discours du président au CCE sont en passe de devenir un nouveau rituel et s’articule essentiellement autour de deux arguments forts, que l’on peut synthétiser ainsi :
Bref, le président distribue les bons et mauvais points entre les bons et mauvais syndicats, n’hésitant pas à féliciter à mots à peine couverts la grande Confédération Française Démocratique du Travail qui a sa préférence, joue les Pères Fouettards à l’intention des syndicats qui osent contester sa politique … et quitte la réunion sans que l’on puisse répondre à ses attaques et procès d’intention, la messe est dite : trop facile !
Le président fait d’un argument « massue » ce qui doit justifier d’après lui l’alignement total et sans condition des syndicats sur sa politique, le petit doigt sur la couture du pantalon : il n’ y a pas de licenciements chez Air France !
Or, nous posons toujours la même question au président : pourquoi il y auraient-ils des licenciements dans une entreprise qui produit des résultats bénéficiaires ? De plus :
L’argument de ne pas licencier vaut donc pour ce qu’il est : du bluff ! Sauf à accepter que la direction licencie tout en faisant des bénéfices, ce qui se généralise dans l’économie libérale, il est logique que l’emploi soit préservé au minimum lorsque les résultats progressent ! Les syndicats qui crient « victoire » pour l’emploi participent donc à ce bluff de la direction !
Il est extrêmement intéressant pour les salariés d’Air France de regarder ce qui se passe à côté, dans les filiales du groupe Air France et notamment au sein de la principale filiale Servair.
En effet, jusqu’à aujourd’hui les salariés des principales filiales d’AF bénéficiaient d’une politique sociale plus ou moins ( plutôt moins ) calquée sur celle d’Air France.
Or, chez la principale filiale d’Air France, Servair ( près de 3500 salariés sur Roissy CDG ), présidée par un ancien haut cadre d’Air Inter ( M. Ennesser ), la direction a mis en place un formidable plan de régression sociale intitulé « Changer pour gagner », dans le but « d’améliorer la compétitivité de 15% » ( voir propos de :
Pire, dans la filiale Orly Air Traiteur ( 700 salariés sur Wissous ), la direction impose le pire plan de rigueur que nous ayons connu :
Soyons donc extrêmement vigilants sur le fait que cette attaque anti-sociale « au bazooka » contre nos collègues du groupe ne serve de laboratoire social pour AF, dans un proche futur !?
Lors du CCE du 6 juillet, une délégation de nos collègues de l’escale en grève ( pour des salaires convenables, des effectifs et des conditions de travail non dégradées ) a été reçue par … le patron du siège, voilà ce que l’on appel un management rationnel ! Mais le must, c’est quand le président Spinneta a annoncé aux élus du CCE qu’une « charte » avait été signée le matin même par tous les syndicats … sauf SUD Aérien et CGT !
Le problème étant que ni les salariés en grève, ni SUD Aérien ni la section CGT de l’escale CDG n’ont été contactés par la direction du hub … !!! Alors que ces deux organisations syndicales étaient les seules à soutenir le mouvement, cette exclusion donne le niveau de transparence dans la négociation qu’entend mettre en œuvre la direction.
Sans polémiques excessives, on se pose des questions sur ce qui a pu motiver la signature des autres syndicats en bas d’un document qui ne contient … aucune proposition concrète pour les agents concernés !