Durant le mois de février, la Direction aura déployé beaucoup d’efforts pour l’offre réservée aux salariés (ORS) et l’échange salaire-actions (ESA) :
brochures luxueuses envoyées à domicile,
réunions locales avec 800 salariés volontaires, « relais » formés pour l’occasion...
Dès 1999, SUD Aérien avait pris clairement position contre la première ORS qui allait de pair avec le début de la privatisation d’Air France. Et ce, pour plusieurs raisons essentielles :
Evidemment, en 1999, Air France a mis la main au porte-monnaie pour rendre attractif l’actionnariat par les actions gratuites et l’abondement. C’est d’ailleurs le seul bénéfice qu’ont pu en tirer les salariés, car chacun sait que la progression de la valeur des actions du transport aérien et même les dividendes rapportent moins qu’un livret de Caisse d’Epargne.
Donc, le seul bénéfice ne vient pas des actions elles-mêmes, mais d’une partie de la masse salariale détournée vers ce dispositif.
Pour finaliser la privatisation, Air France procède donc à une nouvelle offre réservée aux salariés ainsi qu’un système d’Echange salaire-actions. En décembre dernier, le gouvernement a décidé d’abaisser sa participation à moins de 20%. Dans ce cadre, environ 22 millions d’actions cédées par l’Etat seront affectées aux salariés soit dans le cadre de l’ORS, soit dans celui de l’ESA. A la fin de ces opérations, qui ont lieu durant le mois de février, la part des salariés dans le capital devrait passer à 17%...Les compagnies américaines et Swissair sont là pour nous rappeler que l’on peut être partie prenante du capital et ...licenciés !
L’Offre réservée aux salariés. Nous maintenons notre critique de fond de ce dispositif : il détourne, au profit principal des plus hautes rémunérations, des sommes qui devraient être distribuées à l’ensemble des salariés sous la forme d’augmentations des salaires. Rappelons que l’abondement est prélevé sur la masse salariale, alors que Air France fait tout pour baisser globalement la progression de la masse salariale, avec le manque d’embauche ou le refus de réelles augmentations du pouvoir d’achat.
Certains syndicats sol ont lourdement insisté pour que le personnel au sol puisse « bénéficier » comme le PNT de l’Echange Salaire-Actions. C’est chose faite, puisqu’une partie des actions vendues par l’Etat sera réservée à l’échange salaire/actions.
Le principe est simple : le salarié renonce à une partie de sa rémunération pendant 6 ans ( au minimum 480€ par an, au plus 25% de son salaire annuel ). Il reçoit l’équivalent sous forme d’actions, dont il peut ensuite se séparer par tranche (1/6 chaque année). Quel intérêt ?
En fait, ce système éclaire bien comment fonctionne notre système économique :
Donc, l’ESA est bien un système qui vise à faire profiter les hauts salaires des détournements légaux dont bénéficiaient déjà les PNT, à l’image des hauts cadres d’entreprises et des professions libérales.
De fait, c’est le seul argument de vente de l’ESA, car là il n’y a pas d’abondement ni d’actions gratuites...et l’espérance de gain par les plus-values et les dividendes est franchement limitée !