Le Groupe Air France, c’est 70.000 salariés : 60.000 à Air France et 10.000 dans les filiales
Nous travaillons toutes et tous pour le transport aérien et le plus souvent, directement sur les plates-formes aéroportuaires . C’est pourquoi SUD Aérien réunit, dans le même syndicat, tout autant les salariés d’Air France que ceux des entreprises filiales ou sous-traitantes. SUD Aérien est notamment le 1er syndicat à l’ACNA, OAT et Acsair, 2ème syndicat à Servair 1.
Pour vous représenter , les huit candidat(e)s SUD Aérien :
Elhacène BENNASROUNE, SERVAIR,
Julie CORBEAU, Air France,
Olivier CUCHOT, Air France,
Léon CREMIEUX, Air France,
Anne GIOVANNETTI, Air France,
Charles MARION, Air France,
Nicole SEBAS, OAT,
Stéphane VYT, ACNA
Ce renouvellement du Conseil d’administration est la conséquence de la fusion Air France/KLM, qui fait passer les parts de l’Etat dans le capital AF en-dessous des 50% et entraîne automatiquement la privatisation de la compagnie. Dès lors, Air France sort du secteur public ! Ces nouvelles élections vont donc se dérouler selon de nouvelles règles. Auparavant, le CA comprenait 21 membres :
Le prochain Conseil d’administration comprendra toujours 21 membres, mais la répartition en sera différente :
En pratique, l’Etat n’aura plus aucun pouvoir dans le groupe, ce pouvoir appartiendra totalement aux gros actionnaires privés.
En fait, le groupe Air France, tout comme KLM, ne sera plus qu’une filiale du groupe financier Air France/KLM, qui sera aux mains des actionnaires principaux (banques, assurances, fonds de pension), réels propriétaires de la grande majorité des actions.
Dans le CA de la holding, il n’y aura plus d’élus des salariés, seuls les actionnaires seront représentés. Les gros actionnaires de la holding décideront donc des orientations du groupe Air France.
L’Etat français, dont les parts descendront rapidement à 20% dans le capital de la holding, ne sera plus qu’un actionnaire parmi d’autres. Souvenons-nous de l’ancien Premier ministre Jospin, expliquant, il y a quelques années, que l’Etat ne pouvait pas s’opposer au plan de licenciements chez Renault, puisque l’Etat ne détenait plus qu’une part d’actions minoritaire...
Le CA du groupe Air France sera donc une chambre d’enregistrement, mais il est important que les salariés y soient représentés par des administrateurs clairvoyants - qui ne se prennent pas pour des cogestionnaires - à même d’informer rapidement les salariés des choix financiers et économiques des gros actionnaires.
La fusion Air France/KLM et la privatisation d’Air France vont avoir des conséquences importantes pour tous les salariés du Groupe.
SUD Aérien s’est battu depuis deux ans contre la privatisation d’Air France. Pour nous, l’ensemble des activités du transport aérien (exploitation, assistance, maintenance, commercial, informatique,...) devrait être géré dans le cadre d’un service public.
Air France passe aux mains d’actionnaires privés, c’est nous tous qui allons en pâtir.
Déjà nous sommes confrontés, plus particulièrement dans les filiales, à des compressions d’effectifs, à une politique de bas salaires, à la difficulté d’obtenir des avantages sociaux, alors que c’est l’Etat qui était jusque là actionnaire majoritaire.
Cette orientation va s’accentuer...
Le Président Spinetta affirme dans le journal Concorde n° 52, que « le statut et l’actionnariat public ne protègent contre rien ». Il est vrai que les règles du privé s’appliquaient déjà dans le Groupe. Mais les nouveaux actionnaires vont exiger dans les mois qui viennent la garantie de profits juteux pour leurs actions. Et là, l’expérience de tous les groupes de transport aérien privés (Swissair, British Airways,...) sont là pour rappeler que ce sont les salariés qui payent les frais de la noce !
Le même président Spinetta reconnaît, dans une interview au journal Le Monde (18 mai 2004), que « ...le secteur aérien perd de l’argent depuis toujours. ». Et dans une autre interview aux Dossiers Européens d’avril dernier, il déclare que l’éparpillement dans le secteur amène à « une rentabilité trop faible des différents acteurs et ne permet pas aux compagnies aériennes de créer suffisamment de valeur pour les actionnaires. ». En clair, cela signifie qu’avec le nouveau groupe financier Air France/KLM, il compte bien rémunérer grassement les banques, assurances et fonds de pension actionnaires. Cela ne pourra se faire qu’en bloquant nos salaires, en réduisant nos effectifs et en cherchant en permanence le moindre coût... L’argument le plus souvent avancé pour justifier cet appel aux actionnaires est le besoin de financements « Air France doit investir 1,7 milliard par an » d’après le PDG. Mais en même temps, il reconnaît que « Air France va investir 5 milliards dans les trois ans qui viennent avec notre cash » (Les Echos du 17 mai). Ce cash, c’est bien l’argent dégagé par notre travail et non un apport nouveau des actionnaires...Tout au contraire, comme dans toutes les entreprises, les actionnaires - sans mettre eux-mêmes d’argent dans le Groupe - vont demander chaque année des revenus financiers importants. C’est ce qui conduit chaque année des milliers d’entreprises à la faillite, jetées par leurs actionnaires après avoir été pressées comme des citrons.
Aussi, SUD Aérien ne partage-t-il pas l’enthousiasme que voudrait nous insuffler la Direction.
Devenir le premier groupe européen, un des premiers mondiaux ne garantit ni l’emploi ni de bonnes conditions pour les salariés. Les salariés de KLM subissent déjà un plan de 3500 suppressions d’emplois. Ceux d’Alitalia subissent un sort identique.
Le plan de vol du Groupe prévoit un plan d’économies annuel de 390 à 450 millions d’euros dans les cinq ans qui viennent...A Air France comme dans les filiales, nous avons bien à craindre des plans de suppressions d’effectifs, de sous-traitance en cascade pour faire effectuer le travail à moindre coût...
Nous aurons vraiment besoin dans les mois qui viennent d’une solide solidarité entre tous les salariés du Groupe, d’un examen vigilant des comptes et des projets du Groupe. Gardons en mémoire le drame des salariés d’Enron, de Swissair et de nombreuses autres entreprises découvrant du jour au lendemain la mise en faillite de leur entreprise. Nous n’en sommes heureusement pas là. Mais le paysage du transport aérien doit nous amener à la plus grande vigilance.
C’est cette vigilance à laquelle s’engage SUD Aérien et l’ensemble de ses élus dans les instances représentatives du Groupe.