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Actualités SUD Aérien
 

2 ans de Gouvernement Raffarin-Chirac :
les indicateurs plongent dans le rouge et les inégalités se creusent

Les indicateurs de l’INSEE pour 2003 mettent en évidence une forte dégradation des comptes de la Nation. Les choix économiques du gouvernement Raffarin-Chirac (privilégier les plus riches par une baisse importante de leurs impôts) a fait passer dans le rouge les principaux indicateurs contrairement aux promesses et engagements de Chirac :

  • Déficit public = 4,1% du PIB (3,2% en 2002).
  • Taux de prélèvements obligatoires = 43,9% du PIB (43,8% en 2002).
  • Dette publique = 63% du PIB (58,6% en 2002).
  • Hausse du nombre de chômeurs = + 6% sur un an, 2.446.500 demandeurs d’emploi (+ 137.900) au 31/12/2003, notamment chômage des jeunes +7,2%.
  • Hausse des prix = + 1,8 % sur un an (+ 1,9% selon l’indice harmonisé européen)

Les inégalités se creusent :

  • confiscation des baisses d’impôts :
    • 10% des ménages les plus aisés ont bénéficié de 69% de ces baisses d’impôts en 2002.
    • 1% des foyers fiscaux ont bénéficié de 31,2 % de la baisse d’impôts sur le revenu de 2002 . En moyenne, 6 000 euros en 2003 pour chacun de ces 150 000 contribuables bien placés. En 2004, on leur remettra le couvert, avec un dessert : 9 000 euros en moyenne. Presque un Smic annuel (10 500 euros) par foyer.
  • + 17% pour les actionnaires des sociétés du Cac 40 (17 milliards € de dividendes versés à leurs actionnaires, contre 14,5 milliards en 2002).
  • un million d’enfants (de moins de 18 ans) pauvres, soit 8% de l’ensemble des enfants. Sont considérées comme pauvres les familles qui disposent de moins de 640 euros par adulte, et de moins de 192 euros par enfant de moins de 14 ans.
  • Au 31 janvier 2004, 350 000 chômeurs ont vu leur droit au chômage abrégé de plusieurs mois. 60 % n’ont plus aucune indemnité (minima sociaux : ASS ou RMI).

Prévison 2004 : une croissance sans éclat

  • L’INSEE estime la croissance à 2% en 2004.
  • L’emploi total devrait encore se replier de 13.000 personnes au premier semestre, car il ne s’est pas encore ajusté à la baisse de production des derniers mois.
  • Le taux de chômage devrait pourtant être stable ce semestre à 9,7%, grâce au départ en retraite anticipé de quelque 40.000 personnes, lié à la réforme des retraites. Ce mouvement concernerait 60.000 personnes au deuxième semestre, engendrant ainsi "une baisse modérée" du taux de chômage.

En conclusion, une question soulevée par Jean-Paul Fitoussi [1]dans son ouvrage L’idéologie du monde, Chroniques d’économie politique [2] : "si le progrès est le principal moteur du bien-être des populations, son inégale appropriation peut susciter souffrance et exclusion. La question des inégalités - masquée, dans les discours, par les promesses de lendemains qui chantent - n’est-elle pas, de fait, la question centrale qui organise l’activité démocratique ?"

[1] Jean-Paul Fitoussi est professeur à l’IEP, Paris, président de L’OFCE, membre du Conseil d’analyse économique auprès du Premier ministre et éditorialiste associé au journal Le Monde. Il a notamment publié Le débat interdit (Arléa, 1995) et La démocratie et le marché (Grasset, 2004).

[2] L’idéologie du monde Chroniques d’économie politique par Jean-Paul Fitoussi aux Éditions de l’aube