Accueil du site > ACTUALITES > EasyJet négocie un virage risqué

EasyJet négocie un virage risqué

jeudi 16 mai 2002.

  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Transport aérien La compagnie à bas prix va racheter Go et Deutsche BA

La compagnie britannique à bas prix s’apprête à absorber Deutsche BA et Go. Une fuite en avant qui pourrait ébranler les fondements de l’entreprise. Ce devait être Go, ce sera d’abord Deutsche BA.

Mercredi 8 mai, Ray Webster, le directeur général d’easyJet, a dévoilé un accord avec British Airways en vue de racheter sa filiale allemande. La compagnie créée par Stelios Haji-Ioannou en 1995 devrait débourser 40 millions d’euros avant mars 2003 pour prendre le contrôle du deuxième transporteur aérien d’Allemagne, derrière Lufthansa. Quant à Go, l’ancienne filiale de British Airways qui exploite des liaisons au départ de l’aéroport de Londres Stansted, elle devrait aussi tomber dans le giron d’easyJet, même si le management freine des quatre fers.

Le nouvel ensemble exploitera 66 appareils pour un chiffre d’affaires de 1,5 milliard d’euros et plus de 14 millions de passagers transportés. Et ce n’est peut-être pas fini, car Virgin Express, la compagnie aérienne de Richard Branson, basée à Bruxelles, a fait savoir qu’elle était également intéressée par une alliance avec easyJet.

Challengers en hausse.

C’est bien une nouvelle carte du ciel qui se dessine en Europe. Alors que les conséquences du 11 septembre pèsent toujours sur les comptes des compagnies nationales, leurs challengers à bas tarifs ne cessent de prendre de l’altitude.

L’irlandais Ryanair, pionnier du secteur, affiche une capitalisation boursière de 4,5 milliards d’euros, contre 4 milliards d’euros pour British Airways. Lors du premier trimestre 2002, les ventes d’easyJet ont augmenté de 36%, et la compagnie a dégagé un résultat positif. Sur la même période, la compagnie néerlandaise KLM a perdu 108 millions d’euros. Partout, les nouveaux compétiteurs gagnent des parts de marché avec des tarifs très attractifs. Depuis le 2 mai, easyJet exploite ainsi des liaisons au départ de Paris vers Liverpool, Nice et Genève. A partir du 12 juin, elle proposera aussi cinq vols quotidiens entre Roissy et Londres à partir de 56euros l’aller-retour.

Mais ce festin pourrait tourner à l’indigestion. Jusqu’à présent, Stelios Haji-Ioannou a fondé le développement d’easyJet sur des principes simples et vertueux : un seul modèle d’avion, une seule base aéroportuaire par ville, aucune alliance commerciale avec d’autres compagnies, et pas de repas gratuits servis à bord. L’intégration de Deutsche BA, puis de Go, pourrait remettre en question ces préceptes. Pour déployer ses ailes à Paris, la compagnie a déjà accepté d’être présente à la fois à Roissy et à Orly, au risque d’alourdir ses frais de structure. A Londres, elle opère depuis les aéroports de Luton, de Gatwick et, bientôt peut-être, de Stansted, où Go dispose de créneaux horaires.

L’ex-filiale de British Airways, pour laquelle easyJet serait prêt à débourser 600 millions d’euros, négocie par ailleurs l’acquisition de 75 appareils avec Airbus. Si cette commande était finalisée auprès du constructeur européen, la flotte du futur ensemble serait donc composée de différents types d’avions, réduisant les économies d’échelle en termes de maintenance ou de formation des pilotes. EasyJet pourrait tout bonnement perdre son âme. Récemment, Stelios Haji-Ioannou a en effet annoncé qu’il lâcherait le manche de sa compagnie l’an prochain, tout en réduisant sa part dans le capital.

K. M. 

Voir en ligne : Challenges

Répondre à cette brève

aller en haut de page
Mots-clés

SPIP | Copyright © 2002 - 2010 SUD Aérien.org | Conception et habillage snoopit31
CSS Valide ! squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0